Alice Dona : biographie, chansons, carrière et histoire de « Je suis malade »
À 80 ans, Alice Dona reste l’un des noms les plus singuliers de la chanson française. Non parce qu’elle aurait cherché à occuper constamment le devant de la scène, mais précisément parce qu’une grande partie de son œuvre s’est construite derrière les voix des autres.
Son nom est indissociable de « Je suis malade », créée avec Serge Lama en 1973. Mais réduire son parcours à cette chanson serait passer à côté de l’essentiel. Alice Dona a composé pour Claude François, Joe Dassin, Dalida, Mireille Mathieu, Serge Reggiani, Sheila, Sylvie Vartan et de nombreux autres interprètes. La Bibliothèque nationale de France recense d’ailleurs plusieurs centaines de notices liées à son activité de compositrice.
Son histoire est aussi celle d’une artiste qui a changé de rôle au fil des décennies : jeune chanteuse dans les années 1960, compositrice très sollicitée dans les années 1970, interprète à nouveau à partir de 1976, puis pédagogue et femme de transmission.
Alice Dona, une vocation musicale née très tôt
Née Alice Donadel le 17 février 1946 à Maisons-Alfort, dans le Val-de-Marne, Alice Dona grandit dans un environnement où la musique occupe une place importante. Elle commence le piano très jeune et chante dès l’adolescence.
À 15 ans, elle rejoint le Petit Conservatoire de Mireille, une institution qui a joué un rôle déterminant dans la découverte de nombreux jeunes talents de la chanson française.
Son premier disque paraît alors qu’elle n’a pas encore 17 ans. En 1963, elle enregistre notamment « Demain, j’ai dix-sept ans », puis enchaîne plusieurs 45-tours. Elle se produit également sur des scènes importantes, notamment à l’Olympia et à Bobino.
Cette première période est importante : Alice Dona n’arrive pas dans la chanson comme une compositrice de l’ombre. Elle commence bien comme interprète.
Mais sa trajectoire va rapidement changer.
Pourquoi Alice Dona devient-elle compositrice ?
Au milieu des années 1960, Alice Dona connaît une période de transition personnelle et professionnelle. Après son mariage et la naissance de sa fille Raphaëlle, elle s’éloigne momentanément de l’interprétation.
Ce retrait des studios ne signifie pas l’abandon de la musique. Au contraire : elle se tourne progressivement vers l’écriture et la composition.
C’est là que son parcours devient particulièrement intéressant.
Plutôt que de chercher uniquement à construire sa propre notoriété, elle met ses mélodies au service d’autres artistes. Dans les années 1970, son catalogue s’élargit considérablement.
Elle compose notamment pour :
- Joe Dassin ;
- Claude François ;
- Dalida ;
- Mireille Mathieu ;
- Serge Reggiani ;
- Régine ;
- Sylvie Vartan ;
- Sheila ;
- Enrico Macias ;
- Hervé Vilard.
Cette diversité montre qu’Alice Dona n’est pas attachée à une seule voix ni à un seul registre. Son écriture peut accompagner la variété populaire comme des chansons plus dramatiques ou intimistes.

Serge Lama et Alice Dona : une collaboration devenue historique
Une complicité artistique exceptionnelle
La relation professionnelle entre Alice Dona et Serge Lama constitue probablement le chapitre le plus important de sa carrière.
Les deux artistes travaillent ensemble sur de nombreux titres. La Bibliothèque nationale de France conserve notamment les traces de plusieurs œuvres associant leurs noms, dont « Chez moi », « Femme, femme, femme », « Le dimanche en famille » et « Je suis malade ».
Leur collaboration dépasse largement un simple succès isolé. Elle s’inscrit dans la durée et contribue à façonner une partie du répertoire de Serge Lama.
« Je suis malade », la chanson qui change tout
En 1973, Alice Dona compose la musique de « Je suis malade », sur des paroles de Serge Lama.
La chanson est née d’un épisode douloureux de la vie sentimentale du chanteur. L’histoire personnelle de Serge Lama fournit la matière émotionnelle du texte, tandis qu’Alice Dona transforme cette douleur en une mélodie particulièrement dramatique.
Le paradoxe est remarquable : le titre qui deviendra l’un des grands classiques de la chanson française n’est pas immédiatement traité comme un tube évident.
La chanson est publiée en 1973 et connaît ensuite une nouvelle dimension grâce à Dalida, qui l’enregistre la même année. Sa version contribue largement à installer le titre dans la mémoire populaire.
Cette histoire illustre parfaitement le rôle d’Alice Dona : une mélodie peut devenir légendaire alors que le nom de sa créatrice reste moins connu du grand public.
Les chansons d’Alice Dona que l’on connaît sans toujours connaître son nom
Le paradoxe de sa carrière tient là.
Beaucoup de Français ont entendu des chansons composées par Alice Dona sans nécessairement savoir qu’elle en était à l’origine.
| Artiste | Chansons associées à Alice Dona |
|---|---|
| Serge Lama | « Je suis malade », « Chez moi », « Femme, femme, femme », « Le dimanche en famille » |
| Claude François | « C’est de l’eau, c’est du vent », « Un peu d’amour, beaucoup de haine », « Le musée de ma vie » |
| Joe Dassin | « Ton côté du lit », « Le général a dit », « Le Fan » |
| Dalida | « O Seigneur Dieu », « Tables séparées » |
| Mireille Mathieu | « Qu’attends-tu de moi ? », « Un oiseau chante » |
| Serge Reggiani | « Le monsieur qui passe », « Ma dernière volonté » |
| Sylvie Vartan | « Riche », « Deux bateaux » |
Cette liste ne constitue qu’un aperçu de son activité de compositrice, tant son catalogue est vaste.
Alice Dona chanteuse : un retour au premier plan
Après avoir consacré une grande partie des années 1970 à la composition, Alice Dona revient progressivement à l’interprétation.
À partir de 1976, elle reprend le chemin des studios. Plusieurs albums paraissent ensuite, parmi lesquels La Nana 77, Du ventre plat au ventre rond, De la tendresse, Vivre, Laissez passer la chanson, Simplement et Être une femme à 40 ans.
Cette période permet de redécouvrir une autre facette de l’artiste : celle d’une chanteuse capable de défendre elle-même les mélodies et les textes qu’elle avait jusque-là principalement confiés à d’autres.
Ses chansons personnelles jouent souvent avec l’autodérision, la vie quotidienne, les rapports amoureux et la condition féminine. Elle ne cherche pas à reproduire exactement les codes des grandes vedettes de la variété : elle construit un personnage artistique plus direct, volontiers malicieux.
Une artiste qui choisit ensuite la transmission
L’un des aspects les moins connus de son parcours concerne la pédagogie.
Après ses années d’enregistrement, Alice Dona fonde les Studios Alice Dona, une école de variétés destinée à former de jeunes artistes. Cette activité s’inscrit dans une logique différente : après avoir composé et interprété, elle transmet.
L’école donnera naissance à différents spectacles, notamment autour de la chanson française. Le projet témoigne d’une volonté de faire de la musique non seulement un métier, mais également un savoir qui peut se partager.
Cette dimension est essentielle pour comprendre la longévité de son parcours.
Alice Dona n’est pas seulement une artiste ayant connu son heure de gloire dans les années 1970. Elle a successivement occupé plusieurs fonctions dans le même univers : interprète, compositrice, auteure, productrice de projets, comédienne et pédagogue.
Ses albums et son retour à la chanson
Après une période plus éloignée des studios, Alice Dona revient avec plusieurs projets.
Elle publie notamment Couleurs de l’ombre en 1999, puis Merci beaucoup Monsieur Bécaud ! en 2002. En 2013 paraît Mes petites madeleines, un album composé de reprises et de duos.
Le disque réunit notamment Serge Lama, Bénabar, Mimie Mathy et Michel Delpech autour de chansons appartenant au patrimoine de la variété et de la chanson française. La présence de « Je suis malade » permet également à Alice Dona de revenir à une œuvre devenue emblématique de son propre parcours.
L’album apparaît ainsi comme une forme de bilan musical : plutôt que de simplement regarder vers l’avenir, Alice Dona revisite les chansons qui ont nourri son imaginaire.
Alice Dona a-t-elle été reconnue pour son œuvre ?
Oui. Sa carrière a finalement reçu une reconnaissance institutionnelle importante.
En 2015, Alice Dona obtient le Grand Prix de la chanson française – créateur décerné par la Sacem. Cette distinction est particulièrement significative puisqu’elle récompense précisément la dimension de création qui constitue le cœur de son parcours.
Autrement dit, son héritage ne se résume pas à une poignée de succès populaires. Il est également reconnu dans le monde professionnel de la création musicale.
C’est probablement l’une des meilleures façons de comprendre sa place dans la chanson française : Alice Dona appartient à cette génération d’artistes dont l’influence dépasse largement la visibilité médiatique.
Que devient Alice Dona à 80 ans ?
Alice Dona a célébré ses 80 ans le 17 février 2026.
Les articles récents consacrés à cet anniversaire ont notamment remis en lumière sa vie privée, son ancienne relation avec Laurent Boyer et son histoire familiale.
Sur ce terrain, il convient toutefois de distinguer les éléments documentés des récits people parfois plus spéculatifs. La relation entre Alice Dona et Laurent Boyer a duré plusieurs décennies et leur séparation a déjà fait l’objet de nombreuses confidences publiques. Mais ces épisodes personnels ne doivent pas faire oublier la dimension artistique de son parcours.
À 80 ans, le plus remarquable reste peut-être que son nom continue de réapparaître chaque fois qu’une génération redécouvre « Je suis malade », « Chez moi » ou les nombreuses chansons qu’elle a composées pour les grandes voix françaises.

Pourquoi Alice Dona reste-t-elle importante aujourd’hui ?
Parce que son parcours raconte une réalité souvent oubliée de la chanson française : derrière un interprète célèbre se trouve parfois un créateur dont le visage est beaucoup moins connu.
Alice Dona appartient à cette catégorie.
Son œuvre permet de relier plusieurs générations de la variété française. Elle a travaillé avec les grandes figures des années 1960 et 1970, a poursuivi ses propres enregistrements, s’est consacrée à la transmission et a continué à revisiter son répertoire.
Son cas rappelle aussi que le succès d’une chanson ne se mesure pas uniquement au nombre de passages à la télévision ou à la notoriété du chanteur. Une mélodie, une collaboration artistique et une interprétation peuvent traverser plusieurs décennies.
« Je suis malade » en est la démonstration la plus éclatante.
Conclusion
Alice Dona occupe une place à part dans l’histoire de la chanson française. Elle a commencé comme jeune interprète avant de devenir l’une des compositrices les plus sollicitées de sa génération.
Son association avec Serge Lama a produit plusieurs titres majeurs, dont « Je suis malade », mais son catalogue s’étend bien au-delà de cette chanson. Claude François, Joe Dassin, Dalida, Mireille Mathieu, Serge Reggiani ou Sylvie Vartan ont également chanté ses compositions.
Son parcours ne s’arrête pourtant pas aux années de gloire de la variété. Albums personnels, spectacles, théâtre, enseignement et reconnaissance professionnelle ont prolongé une carrière construite sur plus de six décennies.
À 80 ans, son histoire rappelle une évidence : certaines des grandes signatures de la chanson française ne sont pas forcément celles que l’on entend chanter. Elles sont parfois celles qui ont écrit la musique que tout le monde connaît.
FAQ
Quel âge a Alice Dona ?
Alice Dona est née le 17 février 1946 à Maisons-Alfort. Elle a donc célébré ses 80 ans en février 2026.
Quelle chanson a rendu Alice Dona célèbre comme compositrice ?
La chanson la plus emblématique associée à Alice Dona est « Je suis malade », composée sur des paroles de Serge Lama en 1973. Le titre a ensuite été popularisé notamment par Dalida.
Alice Dona a-t-elle écrit pour Serge Lama ?
Oui. Leur collaboration est l’une des plus importantes de sa carrière. Alice Dona a notamment composé « Je suis malade », « Chez moi », « Femme, femme, femme » et « Le dimanche en famille » pour Serge Lama.
Pour quels autres chanteurs Alice Dona a-t-elle composé ?
Son catalogue comprend des chansons destinées notamment à Claude François, Joe Dassin, Dalida, Mireille Mathieu, Serge Reggiani, Régine, Sheila, Sylvie Vartan, Enrico Macias et Hervé Vilard.
Alice Dona est-elle uniquement compositrice ?
Non. Elle a commencé sa carrière comme chanteuse dans les années 1960, avant de devenir particulièrement connue comme compositrice. Elle a ensuite repris l’enregistrement de ses propres albums et s’est également consacrée à la transmission et au spectacle.
Quel prix Alice Dona a-t-elle reçu pour sa carrière ?
Elle a reçu en 2015 le Grand Prix de la chanson française – créateur, décerné par la Sacem.
Quel est le dernier grand album d’Alice Dona ?
Parmi ses projets les plus récents figure Mes petites madeleines, sorti en 2013. L’album revisite douze chansons et comprend plusieurs duos, notamment avec Serge Lama, Bénabar, Mimie Mathy et Michel Delpech.
Alice Dona a-t-elle créé une école de musique ?
Elle a fondé les Studios Alice Dona, une école de variétés consacrée à la formation et à la transmission artistique. Cette activité constitue une étape importante de sa carrière après ses années consacrées aux studios d’enregistrement.
